Tresser les voix, tresser le temps est une œuvre de marche artistique de longue durée, réalisée sur le littoral gaspésien à l’automne 2019.
Elle est le sujet d’une recherche-création, menée dans le cadre du Doctorat en Études et pratiques des arts à l'Université du Québec à Montréal.
Elle rend compte du vécu de l’artiste pendant une performance de trente jours in situ. Peu d’écrits approfondissent le vécu des artistes marcheur.euse.s, même si les descriptions de créations par la marche abondent. Comment la marche transforme la création de l’artiste? Comment l’artiste vit le passage intériorité/extériorité pendant la performance marchée?
L’ancrage de cette oeuvre processuelle se positionne dans l’art action, et se construit par des situations imprévues, au gré de la route. La marcheuse récolte des récits spontanés auprès des passant.es, récits qui lui sont offerts en fragments de l’histoire passée, présente et future. Aussi, la marcheuse sonde l’effet de sa présence sur le territoire, qu’elle traduit spontanément par des interventions de danse, de dessins, et de jeux avec le vent. Les méthodologies de la marche (walking methodologies) enseignées par Springgay et Truman, (2019) orientent une démarche transcorporelle avec le territoire, c’est-à-dire en acceptant de « faire avec » ce qui est là, de « penser avec » ce qui se vit, puis de « marcher avec » les autres, humains et non humains. La synergie entre ces récits partagés, la corporéité de la marcheuse, la grandeur du paysage, le vent, les animaux, tout se mélange et forme un corps sensible, prêt pour de nouveaux récits à semer dans l’imaginaire.